Vice caché: pas d’avis, pas de recours !

Pour clore notre thématique au sujet des vices cachés, il est primordial d’aborder en profondeur les notions entourant l’avis de dénonciation du vice caché et le début des travaux de correction de ce vice.

En effet, dès que vous découvrez une anomalie qui s’apparente à un vice caché, vous devez obligatoirement aviser par écrit celui qui vous a vendu l’immeuble où vous croyez découvrir un vice caché. Cet avis doit contenir une description du vice caché, vos demandes relatives à la garantie contre les vices cachés, vos conditions et le délai pour répondre.

Outre l’exigence de l’écrit, la loi prévoit que cet avis doit être signifié au vendeur dans un délai raisonnable. Les tribunaux québécois ont interprété le terme « raisonnable » et ont conclu que l’avis de dénonciation doit généralement être signifié au vendeur au plus tard dans les 6 mois qui suivent la découverte du vice.  Cette dénonciation doit d’ailleurs être faite avant d’effectuer les réparations, sous peine de rejet de la réclamation, même si par ailleurs cette réclamation s’avère bien fondée.

L’absence de dénonciation formelle du vice au vendeur est donc fatale à votre recours.

Une fois que l’avis est lancé, peut-on entreprendre les travaux de réparation?

Si vous souhaitez que votre vendeur soit obligé un jour d’assumer le coût des travaux correctifs, ne commencez pas ces travaux de réparation à vos frais. Le vendeur doit avoir l’opportunité de vérifier l’existence du vice avant le début des travaux, d’où la nécessité de l’en aviser par écrit.

Toutefois, il est possible de faire des réparations urgentes, si par exemple le vice caché est dangereux ou risque d’endommager gravement l’immeuble ou encore s’il risque de mener à la perte de l’immeuble. La jurisprudence a reconnu que la connaissance par le vendeur de l’existence du vice ne fait pas disparaître l’obligation, pour l’acheteur, d’envoyer une dénonciation écrite avant le début des travaux correctifs. Nous recommandons dans tous les cas de transmettre un avis de dénonciation.  En conséquence, l’absence de dénonciation écrite avisant de la découverte des vices avant la réalisation des travaux de réparation est fatale au recours de l’acheteur.

De même, en présence d’un avis de dénonciation valide, si l’acheteur débute les travaux, alors qu’aucune urgence ne le justifie, et ce, avant que le vendeur ait vraisemblablement pu constater lui-même les vices et procéder à une expertise, son éventuel recours sera rejeté. En effet, bien que la dénonciation ait été signifiée, il faut aussi s’assurer de respecter le but de cette dénonciation: permettre au vendeur de constater de ses propres yeux les vices et d’y remédier à ses frais, le cas échéant. L’acheteur qui transmet un avis de dénonciation avec un délai de réponse de cinq (5) jours, par exemple, ne peut, lorsque le vendeur prend soin de communiquer avec lui dans le but d’entamer des pourparlers ou de visiter les lieux, amorcer les travaux sans conséquence sur la validité de sa demande en justice.

À l’inverse, lorsque le vendeur communique clairement son refus de constater lui-même les vices ou encore d’effectuer les travaux correctifs nécessaires à la suite de la réception d’un avis de dénonciation écrit, l’acheteur peut, à bon droit, commencer les travaux en plus d’intenter des poursuites contre le vendeur.

Finalement, il convient de rappeler que vous avez trois ans à partir de la découverte du vice caché, et non pas à partir de la date d’achat de votre immeuble, pour entreprendre une poursuite contre le vendeur. Une fois le délai de prescription dépassé, il est impossible de poursuivre le vendeur.

LA DÉCOUVERTE DE VICE CACHÉ PEUT S’AVÉRER DIFFICILE À GÉRER ET LES CONSEILS DE VOTRE AVOCATS SERONT UTILES

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